Moctar OuaneAncien Premier ministre du Mali
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Union européenne

Journée de l’Europe 2007

Koulouba5 min de lecture

Mesdames, messieurs les ministres,

Madame la chef de la délégation de la Commission de l’Union européenne au Mali,

Monsieur l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne, représentant la présidence de l’Union,

Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,

Mesdames, messieurs les ambassadeurs, représentants d’Organisations internationales, Chefs de mission, de bureau et de postes consulaires,

Mesdames, messieurs,

C’est pour moi un grand plaisir de prendre la parole à l’occasion de cette cérémonie commémorative de la Journée de l’Europe. Je remercie Madame l’ambassadeur Irène HOREJS, Chef de délégation de la Commission européenne au Mali de son invitation et pour l’occasion qu’elle m’offre ainsi, d’une part, de revisiter les relations entre l’Europe et l’Afrique et, d’autre part, de célébrer la coopération exemplaire et dynamique qu’entretiennent le Mali et l’Union européenne.

Auparavant, il me plaît de saluer la belle réussite que constitue la construction du projet européen. C’est qu’en effet, cinquante ans après la signature du traité de Rome, l’Europe apparaît aujourd’hui, d’abord, comme un espace communautaire où circulent librement biens, services, personnes et capitaux, ensuite comme la première puissance commerciale du monde avec plus de 18% du volume total des importations et des exportations dans le monde, et, enfin, comme un acteur majeur sur la scène internationale – notamment pour la paix et la stabilité dans le monde.

Mesdames, messieurs,

L’Europe et l’Afrique ont entrepris de construire, de 1957 à nos jours, des relations qui évolueront d’une logique d’assistance à une logique de partenariat.

Rappelons, à cet égard, les deux Conventions de Yaoundé suivies des quatre Conventions de Lomé, qui ont permis de mettre en place un dispositif de coopération unique entre l’Europe et 77 pays en développement dont 48 africains. Ce dispositif garantit, on le sait, l’accès préférentiel et non réciproque d’une large gamme de produits de ces pays au marché européen et leur permet de bénéficier de l’institutionnalisation du Fonds européen de développement (FED) comme instrument de financement du développement.

Dans la même veine, l’Accord de Cotonou, signé en juin 2000 et entré en vigueur en avril 2003 pour une durée de 20 ans, tente de poursuivre ce partenariat sur des bases rénovées, notamment dans les domaines commercial, financier et politique.

De même, l’adoption par l’Union européenne du « Consensus européen pour le développement », qui fait de la lutte contre la pauvreté et la réalisation des objectifs du développement pour le millénaire des axes majeurs de la politique de coopération de celle-ci, ce « consensus », dis-je, permet de donner la cohérence et la visibilité voulues à la politique européenne d’aide au développement.

Dans cet ordre d’idées, le Mali se félicite de l’adoption de la Stratégie pour l ‘Afrique, qui met celle-ci au cœur d’un partenariat privilégié avec l’Union européenne. Pour donner son plein effet à cette initiative, l’Europe doit, me semble t-il, agir dans une triple direction. D’abord, elle doit œuvrer au renforcement des relations commerciales avec notre continent, à travers, notamment, l’amélioration de l’accès de nos produits aux marchés, la réduction des subventions aux exportations, l’élaboration des normes dans les domaines de la santé et de la protection des consommateurs ou encore l’appui aux structures et systèmes de production. Cette première exigence commande, en particulier, de réussir les négociations des Accords de partenariat économique, qui, en tout cas pour le Mali et l’Afrique de l’Ouest, doivent constituer des facteurs de stimulation de la croissance économique, de développement et de réduction de la pauvreté. Nous exhortons la Commission européenne et les Etats membres à faire preuve, subséquemment, de plus de flexibilité dans les négociations sur la libéralisation des échanges et la prise en charge des coûts d’ajustement découlant de la mise en œuvre desdits accords.

Il est essentiel, ensuite, que soient mis en œuvre les engagements politiques en vue du financement du développement. Cette nécessité de respecter les engagements pris pour accroître l’aide publique au développement ne concerne, certes, pas seulement l’aide européenne ou celle des Etats membres, mais vise l’ensemble des acteurs de la coopération internationale.

Enfin, il convient de promouvoir le développement durable, à travers la mise en œuvre des engagements pris pour infléchir les tendances actuelles à la dégradation de l’environnement, en particulier s’agissant de la désertification, de la déforestation, de l’énergie et de l’eau.

Mesdames, messieurs,

La coopération exemplaire et dynamique qu’entretiennent le Mali et l’Union européenne a permis de hisser notre pays au deuxième rang des pays ACP bénéficiaires de l’aide européenne sur la durée du IXe FED (2003-2007) avec une enveloppe A mobilisable de plus de 416 millions d’euros soit environ 272 878 112 000 FCFA.

L’aide européenne au Mali, vous le savez, va prioritairement à trois secteurs de concentration : les transports, la décentralisation et la réforme administrative, l’appui budgétaire macro-économique pour la réduction de la pauvreté. Elle permet aussi de financer des programmes concernant l’environnement, l’agriculture, la culture et la santé.

Comment ne pas saluer aussi l’excellence des relations de coopération bilatérale du Mali avec les pays membres de l’Union concernés dans des domaines essentiels comme l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, la création d’actifs au niveau communautaire et les activités génératrices de revenus ?

Mesdames, messieurs,

Je voudrais, pour conclure, saisir l’opportunité qui m’est offerte de remercier, au nom des plus hautes autorités et du peuple maliens, les partenaires techniques et financiers du Mali qui ont apporté un concours utile à la bonne organisation du scrutin présidentiel du 29 avril 2007 et des élections législatives à venir. Ces élections constituent des rendez-vous importants pour notre peuple et marquent un approfondissement de la démocratie malienne.

Bonne fête du 09 mai !

Je vous remercie de votre aimable attention./.