Présentation du Document de stratégie pays et du PIN 2008-2013
Monsieur le Président de la République,
Nous voici réunis en ce Palais, sous votre haute autorité et pour la deuxième fois en moins d’un mois, pour consacrer le dynamisme de notre coopération multilatérale, en l’occurrence avec l’Union européenne.
Permettez-moi, d’emblée, de vous remercier de votre hospitalité, mais aussi de souligner, pour m’en réjouir, votre rôle personnel dans cette dynamique à travers des orientations et directives claires ainsi qu’un soutien et un encouragement constants des efforts de notre diplomatie au service du développement économique et social du Mali ainsi que du mieux–être des maliennes et des maliens.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, messieurs les ministres,
Mesdames, messieurs les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne,
Monsieur le Chargé d’affaires de la Délégation de la Commission européenne,
Distingués invités,
Mesdames, messieurs,
Le Gouvernement du Mali et la Commission européenne ont, vous le savez, procédé à Lisbonne, le 09 décembre 2007, en marge du 02e Sommet Afrique-Union européenne, à la signature du document de stratégie pays et du programme indicatif national pour la période 2008-2013.
Ces deux documents fixent, l’un, les orientations générales de la coopération Mali-Union européenne pour la période concernée (2008-2013) et, l’autre, indique les ressources financières programmables indicatives que, dans le cadre du 10e FED, la Communauté prévoit de mettre à la disposition du Mali pour cette même période soit un montant de 539,3 millions d’euros, c'est-à-dire environ 366 876 750 100 FCFA.
Comment en est-on arrivé là ? Quelle utilisation va-t-on faire des ressources ainsi mobilisées ? Que faire pour dynamiser davantage une coopération pertinente, dynamique et exemplaire ?
Telles sont les questions auxquelles, je crois, il faut répondre pour apporter un éclairage utile sur l’évènement qui nous réunit cet après-midi.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, messieurs,
Je crois utile, d’abord, de rappeler que le document de stratégie pays (DSP) est le résultat d’un long processus de négociation, qui, de mars à octobre 2006, s’est déployé en trois phases.
La première a concerné la définition du cadre de programmation du 10e FED. Un atelier régional y a été consacré, qui a réuni à Ouagadougou, en mars 2006, les ordonnateurs nationaux de l’Afrique de l’Ouest et les responsables des Commissions de l’Union européenne, de la CEDEAO et de l’UEMOA. Cette réunion a permis de réaliser un consensus sur le cadre de programmation tant au niveau national que régional.
La deuxième phase de préparation du document de stratégie pays a consisté en la mise en place d’un comité technique restreint (février 2006) et en l’organisation de plusieurs ateliers (mars et septembre 2006) en vue de parvenir à une analyse partagée de la programmation du 10e FED entre tous les segments bénéficiaires de l’aide communautaire (Etat, société civile et secteur privé, notamment).
La troisième phase a concerné l’élaboration du profil de gouvernance (août-octobre 2006).
D’autres acquis ont prolongé ces premiers efforts, notamment les conclusions des revues du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, des réunions de la commission mixte Mali-Partenaires techniques et financiers et de plusieurs autres études concernant la programmation du 10e FED.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, messieurs,
Il faut se réjouir, ensuite, que le document de stratégie pays se fonde sur l’adéquation des priorités du gouvernement du Mali telles que définies dans le Projet de développement économique et social (PDES), le Cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté (CSCRP) et la lettre de cadrage du 13 novembre 2007 avec les orientations de l’aide communautaire dans le cadre du 10e FED.
Dès lors, il va sans dire que les ressources mobilisées contribueront utilement à la mise en œuvre de cinq axes prioritaires d’intervention sur les six qui ont été définis dans le PDES, à savoir :
- mieux organiser l’action publique pour soutenir efficacement les autres composantes du programme ;
- améliorer la production primaire et renforcer la sécurité alimentaire ;
- mettre en place un environnement propice à l’émergence et au développement du secteur privé ;
- insérer les femmes et les jeunes dans les secteurs productifs ;
- développer les secteurs sociaux.
Dans cette perspective, les ressources mobilisées seront consacrées :
- à la gouvernance ; ceci devrait se traduire par un appui à la poursuite et à l’organisation des services de l’Etat à travers la consolidation du processus de décentralisation et de déconcentration, la réforme de l’Etat-civil, la définition et la mise en œuvre d’une politique migratoire efficiente ;
- à l’appui au développement économique des régions du Nord et du delta du Niger, à savoir Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti et Ségou dans lesquelles seront réalisés, notamment, les axes routiers Gomacoura-Tonka-Tombouctou et Gao-Kidal ainsi que des infrastructures complémentaires concernant l’eau, l’assainissement et l’énergie ;
- au renforcement du développement de la zone de l’Office du Niger, notamment dans la gestion de l’eau et des terres, la réhabilitation/extension des infrastructures d’irrigation et de drainage ainsi que l’appui à la recherche agricole ;
- à l’appui au développement économique des régions, à travers le financement des plans régionaux de développement, l’appui aux investissements productifs et structurants et l’appui à la gestion des ressources naturelles ;
- à l’appui macro-économique (aide budgétaire) à la mise en œuvre du Cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté ; l’objectif visé en l’occurrence est d’obtenir une amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base – notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’eau potable - , de l’efficacité de la dépense et de la transparence de la gestion des finances publiques ainsi que la réforme de la fiscalité – en particulier pour amortir l’impact de l’APE sur les recettes fiscales.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, messieurs,
La signature à bonne date du Document de stratégie pays et du Programme indicatif national pour la période 2008-2013 et le montant appréciable des ressources programmées traduisent, à l’évidence, la qualité privilégiée de la coopération Mali-Union européenne.
Mais, ne nous y trompons pas. Car, comment ne pas rappeler que les ressources financières programmables indicatives que la Communauté envisage de mettre à la disposition du Mali pour la période 2008-2013 ne constituent pas des droits et peuvent être revues par la Communauté européenne après clôture des revues à mi-parcours (2010) et en fin de parcours (2012), notamment en tenant compte des besoins actualisés et des performances réalisées ?
Qu’il me soit permis, à cet égard, de rappeler que, dans la mise en œuvre du 09e FED, le Mali a réalisé des performances remarquées. Ainsi, à la date du 30 octobre 2007, la totalité du 09e FED était engagée, soit un taux d’engagement de 100% et un taux de décaissement supérieur à 65% avec une moyenne, sur les deux dernières années, de plus de 100 millions d’euros par an soit 65 595 700 000 FCFA.
Il importe donc que cette tendance lourde soit maintenue et amplifiée. Pour ce faire, nous devons, me semble t-il, prendre les mesures ci-après :
- rationaliser la fixation des objectifs au moment de l’élaboration des programmes de manière à éviter la stérilisation des ressources ;
- améliorer la production de nos données statistiques, notamment les indicateurs de performance pour le suivi-évaluation ;
- faire preuve d’anticipation dans la production et l’envoi des données statistiques afin de permettre la mobilisation, dans le délai, de la quasi-totalité des tranches variables de l’appui budgétaire ;
- diligenter l’élaboration des requêtes de financement destinées au FED, notamment grâce au concours du Fonds de la facilité de coopération technique ;
- renforcer le dialogue politique avec l’Union européenne et ses Etats membres, en particulier concernant la mise en œuvre des engagements souscrits dans le profil de gouvernance ;
- mettre en place un cadre de concertation regroupant l’ensemble des bénéficiaires de l’aide communautaire en vue d’une optimisation de notre capacité d’absorption des fonds alloués dans le cadre du 10e FED.
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier ministre,
Mesdames, messieurs,
Terminant comme j’ai commencé, je voudrais saluer la présence à cette cérémonie de Monsieur le Président de la République, qui, ce faisant, nous engage à assurer les perspectives du document de stratégie pays et du programme indicatif national pour la période 2008-2013.
Soyez assuré, Monsieur le Président de la République, qu’ensemble avec la Délégation et les représentants des Etats membres nous y veillerons avec conscience et dans un esprit de partenariat véritable.
Je vous remercie de votre aimable attention./.