Réunion d’information avec le Corps diplomatique élargi
Monsieur le Doyen du corps diplomatique,
Mesdames, messieurs les ambassadeurs,
Mesdames, messieurs les représentants des Organisations internationales accréditées au Mali,
Mesdames, messieurs,
Je vous remercie de votre présence à cette réunion d’information à laquelle prennent part, à mes côtés, mes collègues de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, de l’Economie et des finances, de la Justice et le Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargé du développement des zones de l’Office du Niger.
Ensemble, nous exprimerons ici les vues du gouvernement du Mali sur un certain nombre de questions d’intérêt national utiles à l’éclairage de vos gouvernements, institutions et agences respectifs, avec lesquels notre pays entretient des relations de coopération mutuellement bénéfiques.
Ces questions s’articulent sur des initiatives du gouvernement du Mali dans les domaines du développement, de la paix et de la sécurité.
J’évoquerai, d’abord, l’organisation, à New York, le 23 septembre 2009, à l’initiative du gouvernement du Mali, d’un Forum sur le passage à l’échelle pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans 166 communes du Mali, dénommé « Initiative 166 communes » (I-166).
Cette Initiative a été présentée par le gouvernement du Mali lors de la Table – ronde des bailleurs de fonds qui s’est tenue à Bamako, les 12 et 13 juin 2008. Il s’agit d’un programme majeur et novateur, qui participe de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté et d’accélération de l’atteinte des OMD au Mali. Les 166 communes concernées sont situées dans les régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti, le nord des régions de Ségou, Koulikoro et Kayes. La mise en œuvre de l’Initiative 166, avec l’appui des amis du Mali que vous êtes, permettra à plus de 2,5 millions de personnes parmi les plus vulnérables du pays, vivant dans près de 3000 villages et fractions des 166 communes, de sortir de l’extrême pauvreté et d’atteindre les OMD à l’horizon 2015.
Cette mise en œuvre se fera à travers des plans de développement locaux élaborés avec la participation des populations concernées et ciblant des secteurs prioritaires tels que le développement rural, la sécurité alimentaire, l’éducation, la santé, le genre et l’autonomisation des femmes, l’accès à l’eau potable, l’énergie, le transport, l’environnement et les NTIC.
L’objectif visé par le gouvernement du Mali, en l’occurrence, est de donner aux populations concernées les moyens de réduire la pauvreté et d’enclencher le processus de leur propre développement économique et social. Il est urgent d’accompagner le Mali dans la réalisation de cet objectif.
En rappelant l’engagement de vos gouvernements, agences et institutions respectifs à soutenir l’Initiative 166, lors de la table – ronde des bailleurs de fonds de juin 2008, je voudrais préciser que le gouvernement du Mali, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire et avec l’appui de ses partenaires – notamment le Pnud – s’est attelé à la prise en compte de vos préoccupations dans la finalisation du document de projet qui sera présenté à la consultation thématique qui aura lieu ici à Bamako avant décembre 2009.
Mesdames, messieurs,
Je voudrais, ensuite, aborder deux questions auxquelles le gouvernement du Mali accorde un ordre de priorité élevé, conformément à la volonté du Président de la République, Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, à savoir : la paix et la sécurité.
Convaincu que la paix et la sécurité sont le gage d’un développement durable, notamment des régions du nord, le gouvernement du Mali a poursuivi, patiemment, méthodiquement et avec l’appui de pays amis, notamment la République algérienne démocratique et populaire et la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, ses efforts en vue de la stabilisation et de la consolidation de la paix dans lesdites régions.
A cet égard la mise en œuvre de l’Accord d’Alger du 04 juillet 2006 se poursuit à la satisfaction des parties et du facilitateur. Ainsi, les deux unités spéciales prévues ont été constituées et doivent incessamment rejoindre leurs sites respectifs. Un recrutement est en cours en vue d’en compléter l’effectif requis.
De même, les programmes de réinsertion socio-économique pilotés par l’ADN ont démarré avec une dotation initiale de 1 130 millions FCFA. Leur mise en œuvre sera poursuivie activement avec la décision prise par les Nations Unies de revoir à la baisse le niveau de l’échelle de sécurité dans les zones concernées.
Il me plaît de saluer, au nom du gouvernement du Mali, cette mesure positive.
Dans le même ordre d’idées, l’ADN a déjà mis en place des structures régionales et organisé de larges concertations régionales à Gao, Kidal et Tombouctou.
En outre, je voudrais rappeler que le comité de suivi institué par l’Accord d’Alger s’est réuni à Bamako en Août 2009 et adopté, à cette occasion, des conclusions opérationnelles devant permettre d’aller plus avant dans la stabilisation et la consolidation de la paix dans les régions du nord du Mali.
Nous demeurons convaincus que la prochaine réunion à Alger, dans les semaines à venir, sera toute aussi positive.
Mesdames et messieurs,
Pour faire face aux défis sécu
ritaires, qui vont au- delà de frontières nationales et qui menacent la sécurité collective, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la région sahélo-saharienne, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, a pris l’initiative d’organiser une conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans cette région. L’objectif visé, en l’occurrence est d’amener les pays de la région à promouvoir une approche concertée et globale c'est-à-dire une action collective résolue et efficace.
Dans cette perspective, une réunion ministérielle préparatoire a examiné la situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne (état des lieux et stratégies de lutte) et dégagé les voies et moyens de promouvoir la coopération pour le développement dans la région sahélo-saharienne, notamment dans les domaines de l’agriculture, des infrastructures des investissements, de la communication, du transport, du commerce, du partenariat.
A cet égard, la réunion a souligné qu’il est impératif de créer les conditions propices à l’instauration d’un environnement de paix et de stabilité, de soutenir et poursuivre les efforts inlassables déployés par les gouvernements respectifs pour faire de la région sahélo-saharienne un espace de développement intégré, d’échange et de coopération fondé sur des valeurs africaines communes de fraternité, de solidarité, d’entraide et de respect mutuel.
Dans cet ordre d’idées, la réunion a recommandé de :
- Prendre les mesures appropriées pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes ;
- Renforcer la coopération sécuritaire transfrontalière, à travers, notamment, l’organisation de patrouilles simultanées et mixtes ;
- Promouvoir l’échange d’informations et la mise en œuvre du concept des pays-frontières ;
- Renforcer la coopération tant au niveau bilatéral, régional que multilatéral.
La réunion a recommandé également des actions spécifiques dans les domaines du désenclavement, des aménagements agro-pastoraux, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, de la formation et de la création d’emploi.
De même, la réunion a mis l’accent sur la nécessité de promouvoir et de poursuivre les programmes de développement entrepris par les gouvernements de la région, à travers les stratégies axées, notamment, sur la réalisation et le financement d’infrastructures de base, de microprojets destinés à lutter contre la pauvreté et à favoriser l’insertion socio-économique des jeunes.
La réunion a recommandé, en outre, d’impliquer plus avant la société civile dans la prévention et la consolidation de la paix et dans la mise en œuvre des politiques et programmes d’intégration.
La réunion a élaboré et recommandé à l’approbation des Chefs d’Etat et de gouvernement, dans les toutes prochaines semaines, les projets de Déclaration et de Plan d’action sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne.
Face au débat suscité par l’adoption, le 13 août 2009, du nouveau Code des personnes et de la famille, il importe de rappeler que l’objectif visé par le gouvernement, sur des questions de société majeures, était, certes, de favoriser un élan de modernisation tout en préservant les fondements de notre société.
Subséquemment, et afin de préserver la quiétude et la paix sociale, obtenir l’adhésion de tous les maliens et de toutes les maliennes et sauvegarder l’unité nationale, le Président de la République Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, a engagé de très larges consultations à l’issue desquelles il a décidé de renvoyer le Code des personnes et de la famille à une deuxième lecture.
Cette décision de sagesse a été unanimement saluée par nos compatriotes et pleinement soutenue par tous ceux qui accompagnent notre pays dans ses efforts de modernisation.
Mesdames, messieurs,
Avec mes autres collègues du gouvernement, nous sommes, à présent, disposés à répondre à des questions éventuelles.
Merci de votre aimable attention.