Moctar OuaneAncien Premier ministre du Mali
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Afrique et intégration

Le Gouvernement de l’Union dans la perspective des États-Unis d’Afrique — 8e sommet de l’Union africaine

Addis Abeba4 min de lecture

Monsieur le Président,

Frère Guide,

Madame et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union africaine,

Excellences,

Mesdames, messieurs,

Permettez-moi, d’emblée, de vous présenter les regrets du Président de la République du Mali, Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, de n’avoir pu prendre part aux travaux de la présente session de la Conférence de l’Union à laquelle il souhaite pleins succès.

Le Président TOURE m’a chargé également de réitérer à chacun d’entre vous ses vœux pour votre bonheur personnel et pour le progrès continu de vos pays respectifs.

Vous me permettrez aussi, Monsieur le Président, de saluer votre élection unanime à la présidence en exercice de l’Union et vous assurer du soutien entier de la République du Mali durant votre mandat dont nous sommes sûrs qu’il permettra des avancées majeures dans la mise en œuvre de l’Agenda pour l’Afrique.

Evoquant le point sous examen, je voudrais faire les observations suivantes :

- Premièrement : le Mali se réjouit des efforts déployés pour atteindre notre objectif de réaliser le Gouvernement de l’Union dans la perspective des Etats Unis d’Afrique.

Il me plait, à cet égard, de rendre un hommage appuyé au Frère Guide de la Grande Révolution d’Al-Fateh, Mouamar El-Kaddafi, pour son engagement indéfectible en faveur de l’épanouissement des peuples d’Afrique et son action résolue pour le raffermissement de l’Union Africaine et la consolidation de l’unité africaine.

- Deuxièmement : le Mali considère que la réalisation du Gouvernement de l’Union n’est pas seulement une ardente nécessitée, mais constitue une exigence forte, un impératif historique.

Au demeurant, toutes les Constitutions du Mali, de l’indépendance à nos jours, ont clairement affirmé l’engagement de mon pays en faveur de cette exigence en stipulant que le Mali est prêt à l’abandon partiel ou total de sa souveraineté en vue de réaliser l’unité africaine.

- C’est pourquoi, et c’est l’objet de ma 3ème observation, le Mali :

- partage la philosophie qui sous-tend la mise en place du Gouvernement de l’Union ;

- appuie les mesures visant le renforcement des institutions de l’Union (Conférence, Conseil exécutif, Commission, COREP, Parlement panafricain, Cours, ECOSOC, CTS) ;

- marque son accord pour le calendrier proposé pour la mise en place effective du Gouvernement de l’Union s’étalant sur 03 étapes, allant de 2007 à 2015, avec une évaluation en 2009 soit dix (10) ans après l’adoption de la Déclaration de Syrte ;

- considère comme pertinente la définition des domaines et programmes spécifiques ressortissant de la compétence respective du Gouvernement de l’Union et de ceux les Etats membres concernant, notamment, les relations extérieures, le genre, la jeunesse, la santé, l’industrie, les mines, les finances, la paix et la sécurité, les affaires sociales, la culture et le commerce, les infrastructures et les communications.

Monsieur le Président, permettez-moi de souligner aussi que, pour le Mali, nous devons, plus que jamais, donner à la Commission les moyens d’affirmer son leadership politique sur toutes les questions politiques, économiques, sociales et culturelles qui se posent à l’Afrique.

Pour cela, la volonté politique qui a présidé à la naissance de l’Union africaine ne doit pas s’émousser ; bien au contraire, elle doit se raffermir au fil des ans.

A cet égard, le Mali appuie la mise en place d’une « Commission - Exécutif », qui sera le moteur de l’Union et du processus d’intégration continentale.

Comment ne pas souligner aussi, Monsieur le Président, que l’absence de ressources financières conséquentes constitue un facteur important qui entrave considérablement le bon fonctionnement de l’Union ?

Il faut y remédier au plus tôt. Et pour cela, le leadership africain doit assumer ses responsabilités sur la base du principe de solidarité.

Il va sans dire aussi que l’Afrique ne comptera véritablement sur la scène internationale que si elle structure mieux son action continentale, notamment à travers la mise en œuvre du document sur les modalités de mise en œuvre du Gouvernement de l’Union vers les Etats-Unis d’Afrique.

Le Mali plaide pour l’adoption rapide de ce document.

Dans le même ordre d’idées, le Mali adhère pleinement à la recommandation relative à la tenue, courant mars 2007 en Afrique du Sud, d’une session extraordinaire du Conseil exécutif en vue de l’examen du rapport du Président de la Commission sur le renforcement de la Commission de l’Union africaine.

Je vous remercie de votre aimable attention. /.