Ouverture de la 6e session de la Grande Commission mixte Mali–Guinée
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’Etranger, Maître Abdoul Kabélé CAMARA,
Monsieur le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale,
Mesdames, messieurs les ambassadeurs,
Distingués membres de la délégation guinéenne,
Mesdames, messieurs,
Mes premiers mots seront pour réitérer à Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’Etranger et à l’importante délégation qui l’accompagne nos vœux de chaleureuse bienvenue, et leur dire combien nous sommes heureux de les accueillir aujourd’hui à Bamako à l’occasion de la 06e session de la Grande Commission mixte de coopération Guinée-Mali.
Et je voudrais, d’emblée, souligner l’importance particulière de la présente session, qui se tient dans le prolongement de la visite de travail au Mali, en novembre 2007, de Monsieur Lansana KOUYATE, Premier ministre de la République sœur de Guinée.
Comment ne pas rappeler aussi, ici et maintenant, la singularité des relations entre la Guinée et le Mali marquées du sceau des liens multiséculaires unissant nos deux peuples et des rapports privilégiés qu’entretiennent Son Excellence le Général Lansana CONTE, Président de la République de Guinée et Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, Président de la République du Mali ?
Monsieur le Ministre,
Mesdames, messieurs,
Faisons ce constat à l’ouverture de cette 6e session : de nombreux acquis ont été réalisés dans le cadre de notre coopération bilatérale, comme demeurent en suspens d’importantes questions auxquelles il faut apporter des réponses urgentes et adaptées.
C’est pourquoi, nous devons, d’abord, consolider ces acquis.
Ainsi, au plan sécuritaire, il nous revient d’assurer la mise en œuvre effective de l’Accord de coopération en matière de sécurité, signé le 26 novembre 2004, ainsi que de l’Accord de coopération en matière de lutte contre le trafic transfrontalier des enfants, signé le 16 juin 2005.
Nous devons également maintenir la régularité des rencontres périodiques entre les autorités administratives frontalières, notamment au niveau des gouverneurs de région et Hauts commissaires (une fois par semestre) et au niveau des Préfets (une fois par trimestre).
Dans le même ordre d’idées, nous devons intensifier les campagnes de sensibilisation des populations dans les zones frontalières, et assurer la bonne organisation de la première rencontre des espaces de concertation des élus locaux de nos deux pays.
S’agissant des échanges commerciaux, nous devons encourager les opérateurs de nos deux pays à explorer aussi les possibilités d’intervention commune sur nos marchés respectifs, qu’il s’agisse de réalisation de projets, de commercialisation de biens et services ou d’activités de coopération technique.
Dans les domaines des transports et des infrastructures, je voudrais exprimer la satisfaction du gouvernement du Mali pour la signature, le 29 avril 2008, du Protocole d’accord sur la construction de postes de contrôle juxtaposés à Kourémalé et la construction du terminal conteneurs dans le site de Débélé à Mambiya (Préfecture de Kindia) qui facilitera le transport des marchandises vers le Mali et certaines préfectures de l’intérieur de la Guinée.
Concernant le domaine de l’élevage, nous devons accélérer la conclusion d’un Accord zoo-sanitaire, compte tenu de l’accroissement des exportations du bétail malien vers la Guinée.
Dans le domaine de la coopération agricole, nous devons renforcer œuvrer à l’harmonisation de nos stratégies de contrôle des maladies transfrontalières et à l’intensification de nos échanges d’expériences en matière de crédit agricole, d’organisation du monde rural, de recherche agronomique, de programme coton, de commercialisation des produits agricoles et de production des semences vivrières et maraîchères. Il me plaît, à cet égard, de proposer la tenue, à Bamako, au second semestre 2008 d’une Réunion d’experts chargés de l’agriculture, des forêts, de l’élevage et de la pêche.
Il va sans dire qu’ une attention particulière doit être accordée à la mise en œuvre du Projet Fomi, c'est-à-dire l’installation d’une ligne de 225 KVA entre Bamako et Fomi, et ce dans le cadre de la réalisation du barrage à buts multiples de Fomi.
De même, la conclusion d’un Accord de coopération en matière d’énergies nouvelles et renouvelables entre nos deux pays relève d’un ordre de priorité élevé.
Evoquant notre coopération dans les domaines de la jeunesse et des sports, je voudrais saluer la décision des autorités guinéennes d’accueillir de jeunes maliens dans le cadre des festivités marquant le cinquantenaire de la République de Guinée.
Monsieur le ministre,
Mesdames, messieurs,
Notre continent reste confronté à de nombreux défis, tels que la pauvreté, la propagation de pandémies, le terrorisme, le trafic de drogues, le crime organisé et la circulation illicite des armes légères.
S’y ajoute le phénomène mondial de hausse des prix des produits de base dont les conséquences sur les économies des pays en développement comme le Mali et la Guinée sont multiples et lourdes. Il importe, dans ces conditions, de rapprocher nos positions et d’agir solidairement.
A cet égard, je tiens à apporter l’appui du gouvernement du Mali à l’organisation d’une réunion d’urgence UE-CEDEAO-UEMOA à Abuja, au cours du mois de mai 2008, et consacrée à l’élaboration d’un plan d’action ouest – africain, pour les court et long termes, permettant de faire face efficacement à la crise alimentaire.
Monsieur le Ministre,
Je voudrais, pour conclure, former le vœu que la présente session de la Grande Commission mixte Mali-Guinée contribue à l’approfondissement des relations séculaires d’amitié, de solidarité et de coopération fructueuse existant entre nos deux pays et deux peuples.
Sur ce, je déclare ouverte ladite session à laquelle je souhaite plain succès.
Je vous remercie.